Les MOOCs sont-ils morts ou vivants?

La toile bruisse depuis qu’Udacity a déclaré que le MOOC (dont l’entreprise est un précurseur) était mort et qu’un article du Monde converge vers cette annonce funeste. Les partisans de l’éducation à l’ancienne ricanent tandis que les acteurs des MOOCs les traitent de dinosaures. Qu’en est-il?

Les MOOCs sont des cours en ligne, impliquant parfois des milliers d’étudiants sur des domaines variés (mais quand même essentiellement des humanités et des sciences économiques). Parfois avec un peu de retard, les tenants du marché de l’éducation (en premier lieu les universités et les écoles), s’y sont mis, bien souvent à contrecœur. Pour comprendre ce qui se passe, il faut comme souvent revenir aux tendances de fond. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’école publique avait pour objectif d’éloigner les citoyens votants du clergé en lui donnant un minimum culturel pour développer un esprit critique (mais pas trop). Les meilleurs pouvaient ensuite aller dans des études supérieures élitistes qui avaient des promotions très réduites. Pour les plus riches, le système dominant était le précepteur. Il y avait donc, à l’extrême, un professeur par étudiant. Après la Seconde Guerre mondiale vint l’industrialisation massive de l’occident. Tout est alors industrialisé et normé. Il s’agit de mettre une source en face d’un maximum de cibles. C’est le développement de la télévision (1 animateur parle à des millions), mais aussi de l’université (un professeur parle à des centaines d’étudiants dans un amphi). Cette tendance de fond de l’industrialisation culmine en quelque sorte avec le MOOC.

Cette tendance de fond est pourtant en train de se terminer avec un retour vers un type de relation passant du one-to-many au one-to-few / few-to-many. Cela correspond aussi à une tendance à la mise en réseau, chacun contribuant envers un auditoire restreint qui le suit (ex:twitter). Le one-to-few correspond à des formules telles que openclassroom ou les entreprises de soutien scolaire, le few-to-many correspond au modèle Wikipedia.

L’échec de l’éducation de masse, qui pousse les parents à payer des soutiens scolaires pour sauver leurs enfants, laisse évidemment planer un très gros doute sur les MOOCs, qui pour le coup ne correspondent plus à la tendance actuelle et font même figure de dinosaures tard venus qui se moquent des dinosaures.

La tendance actuelle, pour l’éducation semble être le mentoring, bien évidemment numérisé, digitalisé, mais quand même dans une relation beaucoup plus individuelle. Donc les MOOCs sont plus morts que vivants, mais ce n’est pas bien grave. Leur marché est probablement hors de l’Occident. Fuyez universités, le précepteur revient!

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