API addiction: Death as a service (La mort comme service)

andresantanams / Pixabay

Les entreprises établies offrent des services au travers d’interfaces que l’on désigne par l’acronyme API (Application Programming Interface) qui permettent à d’autres entreprises d’utiliser leurs services pour construire leurs propres applications. Horaires de trains, d’avions, traduction, accès à Facebook, à  LinkedIN, reconnaissance ou synthèse vocale, intelligence artificielle. Des ressources fantastiques qui sont autant de poisons. Voyons pourquoi.

Cela peut sembler super! Tout le travail ennuyeux de codage, de récupération des données est déjà fait. Il n’y a plus qu’à faire une petite requête (GET et en ajax pour faire joli) pour obtenir des profils de réseaux sociaux, des statistiques, des données de localisation, la traduction de vos annonces en Géorgien. La startup peut alors se concentrer sur l’utile, la vente, la communication et ne pas s’embêter avec ce qui ne se voit pas: la Recherche, la technique… Cela permet à des étudiants en écoles de commerce illettrés en codage de faire quand même des e-boutiques sur le web!

PWC report 2017

En 2017, Volkswagen s’est fait voler la première place des entreprises dépensant le plus en Recherche et développement…..par…. Amazon avec 16 milliards de dollars soit 12% de son chiffre d’affaires. Dans l’industrie, quand une entreprise annonce du 2%, on crie au miracle!

En novembre, Facebook a coupé les accès à ses API à des services qui n’étaient pas jugés conformes à leur stratégie. Seesmic ne fut pas victime d’autre chose. En utilisant ces services offerts, les startups pensent faire des économies et être plus malines en allant directement au contact du client. Dans les faits, elles construisent leur maison dans le jardin du châtelain. Elles seront pieds et poings liés et leur valeur ne sera que celle que leur API provider décidera qu’elles auront, d’autant que la plupart n’auront jamais lu les conditions d’usages des API, ce qui n’aurait pas été bien utile de toute façon puisqu’elles indiquent toutes des conditions d’usage « fair use », c’est à dire « allez-y jusqu’à ce qu’on en décide autrement ».

Le mythe de la startup sans contenu technologique, branchée sur la technologie propriétaire des autres, est une douce histoire à faire rêver les investisseurs incompétents, publics ou privés. Dans la réalité, les entreprises qui semblent être de simples marchands sont en réalité de puissants bureau d’études flanqués de départements de recherche et développement dépassant largement la pauvre Recherche publique.

Il faut, je pense, en revenir au fondamental: le référentiel métier. Cela représente tout ce que vous mettriez dans une armoire et que vous voudriez que votre nouvel employé connaisse pour commencer à travailler. Cette armoire devrait être aussi close que possible. Si votre métier fait appel à des services tenus par des tiers sur lequel vous n’avez aucun pouvoir, c’est que votre armoire est bien trop percée pour valoir quelque chose.

Il existe des solutions, des API open source, blockchain, les contrats intelligents: tout ce qu’il faut pour développer des business sérieux. Mais ne nous leurrons pas, le marketing c’est bien mais l’acquisition d’une culture c’est mieux même si cela prend du temps et coûte de l’argent.

Qu’elle que soit la beauté de la maison que vous avez construite sur le terrain d’un autre, elle sera détruite dès qu’il en aura l’envie ou le besoin, ou simplement pour la satisfaction de son ego.

 

 

 

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